« il faut 3 vies pour connaitre l’Inde ».

Nous recevons ce jour de veille et préparation au grand départ, ce texte magnifique de Radhika Jha envoyé par Sandra.

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 Née à Delhi en 1970, Radhika Jha perd sa mère à trois ans, grandit à Bombay puis atterrit dans un pensionnat himalayen avant d’obtenir une bourse pour aller poursuivre ses études aux Etats-Unis. Ensuite elle découvre la France et la Suisse, avant de rentrer en Inde. Aujourd’hui, Radhika Jha vit à Delhi. L’Odeur est son premier roman,vous l’aurez compris, cette femme est romancière :

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« Comment regarder ce pays ? Quelle Inde observer ? L’Inde contemporaine , L’Inde traditionnelle ou l’Inde Éternelle ? 29 états , 18 langues , des milliers de dialectes, toutes les religions,6000 journaux quotidiens .L’Inde fascine…
Le problème n’est pas seulement de savoir comment appréhender ce pays , mais aussi comment on peut voir le monde une fois qu’on a vu l’Inde. Ce pays n’est pas un pays qu’on peut visiter, voir , analyser , apprécier , juger-puis oublier. L’inde , on ne la voit pas , on la vie .
L’Inde vous confronte à son humanité . Elle vous oblige à regarder la nature humaine dans ce qu’elle a de plus honteux et de plus glorieux , elle vous force à l’aimer et à la détester à la fois, à l’accepter telle qu’elle est . L’Inde est comme un virus , elle s’immisce dans votre corps et vous transforme. Ce n’est plus vous qui visitez l’Inde , c’est elle qui vous visite .
Il est plus aisé d’oublier l’Inde que de la comprendre . Car comment accepter tout ce qui s’y passe ? En pourtant ….dès que l’on accepte ces choses comme faisant partie de la réalité  alors tout devient possible . Mais que l’on soit indien ou non , la question de savoir comment concevoir l’Inde , comment la comprendre , demeure la même .Selon un de nos proverbes , « il faut 3 vies pour connaitre l’Inde ». Une bien jolie métaphore pour expliquer que , dans ce pays , rien n’est vraiment comme on croit.
Être en Inde , c’est être assailli par des sensations , des odeurs , des couleurs , des émotions , des questions ; c’est ce débattre pour trouver des réponses ; c’est se confronter à ses propres désirs et à ses peurs les plus intimes . C’est être aveugler par le soleil et assourdi par la pluie. C’est assister à la lutte pour la vie , au plus profond de soi , c’est  sentir le regard impitoyable du malheur se poser sur soi, à chaque coin de rue , à chaque trottoir, sentir le moment où il vous transperce l’épaule et vous murmure au creux de l’oreille  » la prochaine fois , ce pourrait être ton tour « . Être en Inde c’est voir le sens de l’autosuffisance voler en éclat. C’est se sentir libre. Et impuissant. C’est ne pas oublier un seul instant cette fabuleuse et étrange énergie qui vous entoure.
Être en Inde c’est comprendre que la vie est un paradoxe. C’est être obligé de poser des questions de l’existence. Être en Inde c’est choisir, par moment, d’être sourd et aveugle-tout en sachant que vous ne parviendrez jamais tout à fait à l’être. Être en Inde , C’est se sentir seul , se sentir humain . Apprendre à accepter l’inattendu, pas à le comprendre.Être en Inde c’est savoir que le temps est subjectif , sauf s’il s’agit des naissances , de morts ou de mariages .Être en Inde c’est ne jamais connaitre l’ennui, mais souvent le désespoir .  C’est apprendre à rire du bonheur et du malheur , apprendre à espérer .Être en Inde  c’est savoir que tout change et rien ne se perd …… »

Sandra : « Alors rien que par ces mots mots qui m’ont touché et que je vous ai transmis , je vous souhaite de vivre pleinement cette aventure qui s’ouvre à vous , ouvrez vous yeux et votre cœur ,et  soyez fière et heureux de toucher cette terre de vos pieds . Je penserai fort à vous. « 
Sandra.

Ce qui fait la force d’une équipe, c’est la capacité de chacun à se consacrer pour les autres.

Merci Sandra